all over #4

all over, la fabrique de l'architecture et de paysage à l'école (vol.4)

workshop dans des collèges et des lycées.
édition de 152 pages, 15 x 22 cm, livre relié cartonné, 1 000 ex.
Éditions Dilecta, 2016 - 16€
ISBN 978-23-73720-10-05

Repartons à la découverte d’« All Over » ! Le processus s’inscrit dans la lignée d’expériences qui, depuis les années 1990, permettent aux étudiants des écoles d’architecture de sortir des murs, d’aller à la rencontre des acteurs des établissements secondaires et de développer avec eux des imaginaires partagés. On peut s’interroger sur le choix de ces étudiants, qui s’impliquent dans ce workshop et développent des expériences « autres » dans les collèges et les lycées : quels sont leurs motivations, leurs envies, leurs objectifs ?

Ce livre contient des fragments de ces rencontres entre les étudiants en architecture et paysage d’une part, les élèves de collèges et de lycées d’autre part et enfin les enseignants. Il constitue un lieu dans lequel l’expérience et sa mémoire sont réunies. Il se présente comme un collage de moments, entièrement composé par ses propres acteurs.

Roberta Ghelli, Architecte et doctorante & Arnaud Théval, Enseignant à l’école nationale supérieure

Étudiants, élèves, enseignants : comment dialoguer avec « l’autre » ?
Le dialogue est d’abord une question d’écoute. La complexité réside en un équilibre subtil entre convictions personnelles et capacité à écouter celles des autres pour co-construire. C’est inévitablement un lieu de débat infini, sauf si l’on admet le postulat suivant : rien ne se décide seul, tout est affaire de négociation pour co-construire le projet. Je rappelle que le temps de l’atelier est limité et que l’imposition d’un modèle à recopier est une solution inenvisageable. L’objectif premier est de permettre à une action collective de création – c’est-à-dire partager un processus de création sur un terrain commun – de se mettre en route. L’action collective ne signifie pas que tout le monde fait la même chose, au même moment, dans un souci d’équité de réception des savoirs. À sa manière, chacun doit trouver sa place pour que sa réponse puisse être à la fois audible et construite, soit dans une réponse individuelle, soit intégré à un projet plus vaste. Aucune hypothèse n’est écartée. En amont cependant, il faut être en mesure de les distinguer, de les entendre, puis de les accompagner. L’étudiant, l’élève, l’enseignant, chacun avec ses capacités, sa culture, son intelligence, instruit les espaces du dialogue. C’est épuisant, mais aucune économie n’est possible. L’épuisement est l’unique preuve d’un début d’écoute. C’est seulement à cette condition d’équivalence et d’affirmation de la valeur des mots de chacun, quelle que soit la culture dont ils proviennent, que le dialogue s’instaure. Celui-ci est le fruit de la combinaison de notions savantes, de références populaires, d’attentes ordinaires, d’idées improbables, de blagues et de banalités. Mais lorsque chacun ose dire ce qu’il souhaite pour s’engager dans un processus de création, c’est gagné. La problématique du dialogue est un faux problème : il faut l’évacuer en tant qu’incapacité a priori d’échanger.