Ossature pédagogique

La formation est structurée en trois ensembles pédagogiques, deux pôles et un plateau transversal, qui en forment l’ossature tout au long du cursus menant au DEEP et au DEP, y compris dans les deux années du cycle préparatoire.

Le verbe « construire », placé dans tous les intitulés, exprime clairement que la formation n’est pas le lieu d’une reproduction des savoirs et des pratiques, mais celui de leur renouvellement par l’expérimentation, la critique et la recherche.





POLE 1 – CONSTRUIRE LE PAYSAGE

Ce pôle pédagogique est centré sur les enseignements qui concourent à permettre à l’étudiant à la fois d’acquérir et de construire par lui-même les connaissances et les savoir-faire mobilisables dans le champ de la pratique paysagiste.

Le pôle 1, très directement alimenté par la recherche scientifique interdisciplinaire en paysage, est celui de la construction du paysage en tant qu’objet spécifique, commun à des savoirs, des savoir-faire et des pratiques professionnelles, et constituant une entrée dans différentes problématiques sociétales, territoriales et environnementales.
Le futur paysagiste trouve, en ce domaine de la pédagogie, les matériaux, disciplinaires ou interdisciplinaires, lui permettant de dessiner son champ d’action particulier et de se construire son identité professionnelle.
L’accent est mis dans le pôle 1 sur les apprentissages fondamentaux, à la fois à travers les cours, le travail sur le terrain et l’appropriation de la connaissance par des travaux personnels (mémoire de fin de premier cycle notamment) qui amène l’étudiant à expérimenter des démarches et méthodes relevant d’une recherche/action.
L’accent est également mis sur les méthodes d’acquisition/construction de la connaissance, la maîtrise du langage (écrit, oral, iconographique) et la pensée théorique (fonction partagée avec le plateau pédagogique).

L’enseignement s’adosse, dans ce pôle, aux activités du laboratoire de recherche associé à la formation, qui prend spécifiquement en charge la formation à la recherche scientifique et nourrit le contenu des enseignements.

Dans ce pôle pédagogique, le paysage est en priorité abordé, dans sa double dimension matérielle et symbolique, comme le témoin du fonctionnement de l’environnement, entendu comme complexe socio-écologique inscrit dans la durée.
Il est simultanément abordé, sur cette base, comme le moyen de penser et de concevoir, à la croisée des regards et des expériences des acteurs et habitants concernés, une action publique fondée sur une relation réflexive aux processus socio-écologiques qu’elle met en branle et infléchit.
Il s’agit ainsi, de donner à l’étudiant les moyens de s’emparer du paysage comme de l’outil d’une médiation, c’est-à-dire de l’appréhender comme un palier posé entre la société et l’environnement, rendant la complexité de ce dernier assumable et mettant à portée de démocratie, en de multiples domaines de projet, une action publique consciente de ses effets socio-écologiques.

POLE 2 – CONSTRUIRE LES PRATIQUES PROFESSIONNELLES

Ce pôle vise à l’expérimentation de la pratique, à travers un ensemble d’exercices recouvrant une large gamme de situations professionnelles.


Le pôle 2, directement alimenté par l'expérience de l'action en matière de paysage, est le lieu d'apprentissage et d'expérimentation des pratiques professionnelles, dans toutes leurs diversités et leurs dimensions. Plusieurs postures composent aujourd’hui le projet paysagiste et existent de manière dissociée, complémentaire ou mêlée au sein du processus du projet de même qu’elles sont réparties dans l’ensemble des actions et des diffusions du projet de paysage.
Il s'agit de proposer à l’étudiant l’apprentissage de ces manières de faire le projet, en affichant leur diversité dans les attentes contemporaines (conception, stratégies, conseil, aide à la décision, médiation, gestion, valorisation, etc.). A cette variété des postures manifeste dans l’exercice du métier, s’ajoute la démultiplication des contextes d’exercices : maîtrises d'ouvrage, agences de paysage, bureaux d’études, associations, collectifs, institutions spécialisées, etc.

Le pôle 2 est également le lieu d'un retour théorique et critique sur l'exercice professionnel lui-même et celui d'une approche inventive ouverte au renouvellement des modes d'actions du paysagiste et à leur adaptation à différents contextes d'action. Dans sa forme contemporaine, le métier de paysagiste est en devenir. Il se caractérise notamment par une posture théorique et pratique qui doit construire — et sans cesse repenser — sa pertinence et sa spécificité dans un contexte où autour de la question paysagère s’agrègent des désirs et des quêtes multiples (de qualité environnementale et de bien-être, de protection/valorisation/rentabilisation d’un capital esthétique et patrimonial, d’harmonie sociale, d’identité territoriale...) souvent contradictoires, fluctuantes, socialement hétérogènes et difficiles à concilier. En découle une grande diversité des pratiques et de positions professionnelles, une situation évolutive au regard du rôle social et économique de la profession, et, au total, une nécessaire ouverture vers des possibles à explorer.

En conséquence, un enseignement qui a pour objectif la construction de l’attitude professionnelle paysagiste ne doit pas être la reproduction de savoir-faire professionnels, ni relever d’un formatage qui viserait à alimenter les besoins du marché à court terme. Intégrer les pratiques professionnelles c'est obligatoirement les questionner et initier l'invention de pratiques futures.
L'étudiant, professionnel de demain, sera donc en situation de se confronter à une diversité de situations, de postures et de pratiques pour construire sa capacité à s'adapter et pour élaborer son propre engagement dans le débat et dans l'action professionnelle.

Le paysage est également un objet de réflexion transversale et généraliste. Tout en empruntant des notions spécifiques à des savoirs de référence voisins (géographie, histoire, écologie, art, etc.), il trouve sa singularité dans l’appropriation de ceux-ci et son invention réside dans leurs reformulations au service de l’action socio-spatiale sur le territoire. Les savoirs de référence avec lesquels il entre en action seront manifestement énoncés dans la diversité pédagogique du pôle 2.


LE PLATEAU TRANSVERSAL – CONSTRUIRE L'ENGAGEMENT PAYSAGISTE

Le plateau pédagogique transversal est le lieu où se construit, à la croisée entre l’expérience de la recherche et de celle de l’action en matière de paysage, l’engagement de l’étudiant, c’est-à-dire une capacité à se construire une position critique et éthique face aux grandes problématiques auxquelles la profession a affaire, ainsi qu’à proposer des solutions innovantes.


Le Plateau transversal mêle les apports des Pôles 1 et 2 autour de l’exploration, à travers une entrée paysagère et paysagiste, dans un ensemble de grandes questions sociétales et environnementales.
Organisé autour de l’exploration de problématiques professionnelles et sociétales qui concernent au premier chef les acteurs de la production des espaces et de la gestion des territoires, ce plateau est un espace où les apports des deux pôles de la formation ont vocation à s’entremêler. Il est un point de rencontre pour l’ensemble des enseignants, étudiants de l’école et des enseignements dispensés, c’est-à-dire le lieu d’une transdisciplinarité mise en service du débat, de la réflexion éthique et critique, de la théorie de la pratique. Il est aussi le lieu du bricolage inventif, où les savoirs se traduisent en pratiques nouvelles et les pratiques en savoirs renouvelés.

Chaque semestre est organisé autour de l’exploration d’un grand paradigme, abordé simultanément sous l’angle théorique, éthique, pratique, technique, artistique et projectuel. Ces paradigmes sont des concepts (ou des couples conceptuels) constituant différentes entrées dans des grandes questions vives qui interrogent, aujourd’hui et — on peut le prévoir — demain, les professionnels de l’espace et de l’environnement, leurs choix éthiques et pratiques, leurs savoirs de références, leurs capacités à innover et à répondre à ces grands problèmes du moment. Ils constituent, en même temps que des problématiques auxquelles se confronte les praticiens du projet, des questions sociétales majeures, qui stimulent aujourd’hui de façon privilégiée les débats d’ordre politique, la recherche dans le domaine des sciences humaines et sociales, ainsi que les spéculations philosophiques.

Le plateau transversal conduit l’étudiant à considérer le paysage et le projet en ce domaine comme une entrée, à la fois spécifique et complémentaire d’autres entrées, dans chacune de ces grandes questions. Il participe ainsi à aider l’étudiant à identifier l’objet propre à sa future profession, en même temps qu’à décider du sens de son engagement personnel et à traduire celui-ci en pratiques cohérentes avec cette prise de parti. Là se situe la transversalité de ce plateau, qui articule, par la voie de l’approche thématique proposée, les apports des deux pôles de la formation.


Paradigmes :

CPEP : Habiter/habitant ; Nature/culture ; Mobilité/ancrage ; Mémoire/identité
DEP : Lieu/haut-lieu ; Energie ; Environnements

 

Documents à télécharger

Le dossier d'habilitation 2015-2018
La plaquette de présentation des études de paysage