Objectifs Pégadogiques

Le C.I.E.P.T. permet à des étudiants de cultures et de formations différentes d’acquérir les aspects fondamentaux de la culture et de la pratique paysagère. Il propose d’expérimenter le projet de paysage comme une entrée porteuse de valeurs et de sens pour penser le projet urbain et de territoire de manière innovante.

PENSER LE PROJET DE TERRITOIRE PAR LE PAYSAGE

Le paysage, objet de transformation et culture de projet
PAYSAGE désigne une partie de territoire telle que perçue par les populations, dont le caractère résulte de l'action de facteurs naturel et/ou humains et de leurs interrelations.
Convention européenne du paysage - article 1 - 2000

Le paysage est l'expression de la rencontre entre le naturel et l'humain. Rencontres fécondes entre les énergies naturelles, fragiles ou puissantes et le regard, la culture et l'action des hommes qui composent, structurent et sculptent l'environnement dans un processus de transformation continu. L'homme exprime ainsi sur les territoires ses besoins et ses rêves.

Le paysage, matérialité et représentation culturelle de l'espace, est une totalité dans laquelle chaque élément n'a d'existence et de sens que dans une relation aux autres éléments pour former une composition à la fois singulière et évolutive. C'est à la croisée de la nature et de la culture, dans ce lien indémêlable que se situe la question du paysage et du projet de paysage. Le paysage n'est pas un contexte ou un décor, il est l'expression de la relation culturelle entre une société et son environnement.

Si le paysage est en premier lieu un objet d’étude et de transformation, il est également appréhendé dans ce programme comme une pensée et une culture du regard et du projet à même d'apporter des réponses spécifiques aux problématiques contemporaines de la ville et des territoires.
Dans cet enseignement, la vision paysagère est fondatrice du projet urbain et de territoire. Elle définit les conditions et les modalités de transformation de l'espace. Des lieux aux territoires, elle énonce et formalise sur quelles valeurs de paysage, sur quels modes de relations et de composition, sur quelles temporalités, cette transformation peut s'élaborer et se concrétiser. Elle s'impose et guide les logiques sectorielles d'équipement et d'aménagement pour les inscrire dans un projet de paysage et de territoire porteur de sens.

Depuis plusieurs décennies, la démarche  paysagère s'est diversifiée et complexifiée. Elle a investi des champs nouveaux dans les problématiques urbaines, territoriales, patrimoniales, etc. Elle a élaboré des modalités de projet à des échelles territoriales très variées. Le CIEPT s'inscrit dans ces évolutions et contribue à les prolonger.

Ce certificat est adossé à la formation paysage de l'ensapBx créée en 1991. L'orientation pédagogique prend appui sur la ligne pédagogique générale de la formation paysage. L’enseignement du certificat international est étroitement lié aux champs de recherches de l’ensapBx et tout particulièrement à ceux du CEPAGE - Centre de recherche sur l’histoire et la culture du paysage.

Un lieu d'inter-culturalité et d'interdisciplinarité
Le C.I.E.P.T. est  un espace d'échange de connaissance et d'expérimentation partagée sur la question du paysage entre des cultures différentes et des disciplines différentes.
S'il s'agit bien-entendu de s'appuyer sur la vision du paysage qui a été élaborée dans la formation paysage à l'ensapBx, il s'agit également de la mettre en dialogue avec d'autres cultures et d'autres disciplines pour construire des visions interculturelles et interdisciplinaires.

La pédagogie privilégie l’analyse critique et l’expérimentation. Elle donne une place importante à la construction d’une vision et d’une pratique personnelle et collective (regard critique et interprétatif, capacité à croiser des savoirs de natures différentes et à problématiser, démarche personnelle de projet).

Lieux, territoires, temporalités
La démarche de paysage est un processus conceptuel qui se construit progressivement en liant diagnostic et interprétations, concepts et représentations, stratégies et choix matériels et formels. Elle présente la particularité d'être toujours située, qu'elle qu'en soit l'échelle, dans l'épaisseur d'une réalité territoriale complexe. Elle impose de concevoir le projet en s’appuyant sur les dynamiques du territoire (naturelles, culturelles, économiques et sociales…). La production de formes n'est pas une finalité en soi. Elle s'enracine dans un système naturel, social et culturel, elle est au service du sens.

La compréhension des systèmes paysagers (conf. enseignement 1-2) à différentes échelles est fondamentale pour poser les problématiques et définir le projet. Les itérations entre les échelles du lieu et celles du territoire permettent de mettre en relation la matérialité de l’espace vécu et les logiques territoriales et paysagères générales.
Cette pensée située et concrète envisage nécessairement le projet dans des temporalités, dans les rythmes et les fragilités du vivant et dans une perspective historique.

L'expérience du terrain et du lieu est au départ de la réflexion et du processus de projet de paysage et de territoire. Chaque étude et expérimentation débutent par l'expérience vécue du lieu. C'est en effet la rencontre avec le lieu, ce moment de compréhension-interprétation qui détermine la démarche paysagère. Les territoires d’étude et de projet choisis sont situés dans la réalité des problématiques régionales: agglomération de Bordeaux, littoral Aquitain, etc. Les acteurs locaux sont associés aux démarches.

Un enseignement du projet et de l’action sur les paysages

De la même manière que la pensée n'acquière sa valeur qu'à l'épreuve de l'action, l'enseignement du paysage trouve son aboutissement dans le projet, dans un processus qui vise à transformer une situation et une matérialité paysagères.

Le projet de paysage est bien sûr toujours défini par un engagement personnel. Mais il est aussi l'héritier d'une culture paysagère qui le détermine et l'ancre dans des valeurs et qu'il doit s'attacher à renouveler. Ce sont ces valeurs, ces relations d'intelligence entre le milieu et les hommes, cet enseignement donné par le lieu, qu'il s'agit toujours de requestionner, de mettre en débat et de revisiter dans le projet de paysage.

La pédagogie amène l'étudiant à construire une pratique du projet fondée sur un regard et une pensée critique du paysage (conf. enseignement 3.2: étude de cas et de situations, analyse critique de projet, etc.). Ceci lui permet d’élaborer sa pensée paysagère, de déterminer un système de valeurs, de questionner le sens de son travail de projet et de son engagement. Cela exige de favoriser l'élaboration d'une pensée éthique sur laquelle se construit une compétence et une capacité à intervenir. Cet engagement nécessite l’expérimentation par l’étudiant d’une diversité d’approches croisées : raisonnée et intuitive,  écologique et plastique, territoriale et sensible, etc.

Dans un contexte de fabrication de l'espace dominé en particulier par des logiques d'équipement et d'aménagement qui visent le court terme, il s'agit de s'interroger sur le sens de l'action, sur le sens du projet et sur sa durabilité. Cet enseignement, qui croise des approches interculturelles et interdisciplinaires du paysage doit permettre d'apporter des réponses innovantes en s’appuyant sur la pratique expérimentale, tant dans le domaine de la pensée paysagère et de la méthodologie que dans celui du contenu des projets, des enjeux environnementaux et du renouvellement de la culture paysagère.