L'école développe des activités de recherche portant d'une part, sur l'essence même de la démarche architecturale et sur l'application à l'architecture des sciences de la matière et des sciences sociales sur lesquelles s'appuie la compétence de l'architecture, et d'autre part, sur l'exploration d'un champ de recherche neuf concernant les relations des sociétés aux paysages.

Cette recherche institutionnalisée, est dotée d'un département de la recherche et d'un conseil scientifique et organisée autour de trois unités de recherche habilitées. Elle contribue à l'enrichissement de la connaissance à tous les niveaux des formations d'architecte et de paysagiste, et dans le cadre notamment du parcours recherche  en 2ème cycle et de la formation doctorale conduisant au doctorat en architecture et en paysage.

The school develops scientific research activities related to the essence of the architectural approach and thinking and the use of physical and social sciences in the architectural know-how on the one hand. On the other hand she develops research exploring a new field of interest, notably the relations between society and environment and landscape.

This institutionalized research work, supported by a research department, and a scientific board, is organized around five accredited research structures and contributes to the enrichment of the knowledge on all training levels of architecture and landscape architecture,  in particular in the frame of the Master’s research itinerary within these structures and the set up of a doctoral training leading to a doctorate in architecture and landscape.

Téléchargez La Charte AEEA de la Recherche Architecturale (PDF)

Les thématiques de recherche

 Un certain nombre d’orientations de recherche privilégiées se sont imposées ces dernières années à la croisée des problématiques propres aux différentes équipes de l’établissement ; et ceci à l’intérieur d’un triple mouvement : celui de la structuration de ces formations de recherche ; de l’émergence, à l’interface entre ces équipes, de chantiers de recherche et de formation communs ; et enfin de l’inscription progressive des activités de l’ensapBx dans un réseau de recherche et de formation à la recherche plus large, aux échelles régionale, nationale et internationale. Quatre grandes thématiques sont aujourd’hui retenues par l’établissement pour ordonner sa politique scientifique :

THÉMATIQUE  1 - Les dispositifs d’acteurs et les catégories d’action associés à la production des espaces et territoires contemporains, à la croisée des champs de l’architecture, du paysage, de l’urbain, de l’environnement et du patrimoine.
Ce champ de recherche contient celui de la sociologie des professions appliquée au domaine de la conception des espaces ; celui également de l’évaluation des politiques publiques, appréhendée notamment comme analyse de leurs fondements culturels, de leurs effets sociaux, spatiaux et environnementaux. En privilégiant cette orientation de recherche, l’ensapBx vise à jouer un rôle pilote, d’une part, dans l’observation et l’analyse de la reconfiguration des dispositifs de compétence et des formes de représentation/désignation/construction des objets spatiaux d’action, dans un contexte marqué par la crise des catégories qui ont longtemps ordonnée les partages en la matière. On pense notamment et d’abord au brouillage du partage nature/culture, dont les conséquences en terme de redécoupage des objets d’action et des champs d’expertise apparaissent très lourds de conséquences dans le domaine de la conception/protection/gestion des espaces. On pense également, en liaison directe avec la remise en cause de ce grand partage, à l’irruption depuis deux décennies au cœur des problématiques de l’urbain, du patrimoine et de l’aménagement d’une dimension paysagère de la perception des espaces et de l’action sur le cadre de vie.

THÉMATIQUE 2 - Le local et l’universel : conception des espaces urbanisés et processus de patrimonialisation à l’heure de la globalisation culturelle.
L’ensapBx a pour objectif, à travers ce chantier de recherche, d’explorer les conséquences des deux mouvements contraires, auxquels nous assistons aujourd’hui, de mise en crise et de réification contemporaines de l’universel, compris comme valeur ou besoin unanimement partagé ou partageable susceptible de fonder des paradigmes ordonnateurs du rapport des sociétés à l’espace et au territoire. Cette mise en tension de l’universalité se produit sur fond de globalisation et, en particulier, de circulation accrue et d’uniformisation accélérée des modèles culturels à l’échelle de la planète. Dans ce contexte, l’universel apparaît simultanément instrumentalisé pour justifier la domination de ces modèles culturels globalisés et mobilisé pour construire et légitimer l’irréductible spécificité du local. Il s’agit ainsi pour les chercheurs de l’ensapBx de participer au décryptage des rapports complexes qui unissent aujourd’hui la référence à l’universalité et la fabrique des identités locales, et ceci dans deux directions privilégiées : celle de l’analyse des modalités de conception des espaces urbains à l’heure de la remise en cause de l’universalité dont se prétendent porteurs les modèles de planification et de développement fonctionnalistes ; celle, d’autre part, de l’analyse de la construction symbolique des identités territoriales au sein des processus de patrimonialisation contemporains, et spécifiquement dans le cadre des politiques du « patrimoine mondial ». Dans les deux cas, ces recherches s’effectuent sur la base d’une démarche comparatiste, aux échelles européenne et mondiale.

THÉMATIQUE 3 - Temps, durée, projets : continuités et ruptures dans la dynamique des paysages ordinaires.
L’axe du temps est le lieu d’intégration des différentes disciplines qui concourent à l’étude des paysages. Cette dernière est pour une part abordée au sein de l’établissement sur la base des démarches de l’écologie historique, qui, en mêlant les méthodes et les savoirs des sciences naturelles et des sciences sociales, appréhende le paysage comme reflet des processus de co-évolution des systèmes sociaux et des écosystèmes. Elle est d’autre part abordée, dans le contexte urbain, sur la base d’une morphogénétique associant l’histoire de l’architecture, l’anthropologie et la sociologie, au service d’un décryptage de la production architecturale et urbanistique « ordinaire ». Ces deux approches amènent toutes deux à poser, dans ce cadre historique d’investigation, la question du projet et de la façon dont celui-ci prend place dans une durée. Le problème posé est ici celui du degré et des formes de l’ancrage du projet, sur un double plan spatial (connexion à un environnement) et culturel (poids relatif et rôle des références explicites ou intégrées). Il est aussi et symétriquement celui de la novation, de la rupture et de leurs conditions de possibilité. Il est enfin et indissociablement celui du temps propre au projet lui-même, de la relation de son élaboration à l’urgence et à la durabilité.

THEMATIQUE 4 - Confort et qualité des espaces habités : le ressenti et l'objectivable
Dans le contexte actuel, on observe une forte demande de la part des différents acteurs de l'aménagement et du cadre bâti ainsi que des usagers pour une meilleure prise en compte des données environnementales et paysagères dans la conception de leurs espaces de vie. Apporter la contribution de la recherche à la prise en compte de ces attentes revient à explorer, à la croisée de l’architecture et du paysage, les diverses et nombreuses dimensions afférentes au développement durable à toutes les échelles spatiales et temporelles : qualité environnementale, confort des espaces extérieurs, recherche d’une qualité paysagère résidant dans le respect des caractères et de l’histoire des lieux ; choix constructifs, techniques et architecturaux, qui interviennent dans la régulation des ambiances physiques intérieures... Aller en ce sens suppose placer au cœur de la démarche l’analyse de la perception de la qualité par les usagers et les populations, les schèmes culturels qui la fondent, les facteurs qui ordonnent la diversité sociale et la transformation dans le temps des regards et des ressentis. La solution technique, comme objectif de la recherche scientifique engageant les démarches de l’ingénierie de la construction et de l’ingénierie écologique, est ainsi intimement associée, dans ce domaine d’investigation, à d’autres démarches, engageant notamment la géographie sociale, l’histoire culturelle, la psychologie et la sociologie, qui concourent à une exploration des formes et des transformations de l’image sociale de la qualité et du bien-être.