Rémi BERCOVITZ, thèse soutenue le 9 décembre 2015

Directeur de thèse : Mayté BANZO, Professeur, Université Bordeaux Montaigne et de Serge BRIFFAUD, Professeur à l’ENSAP de Bordeaux, co-directeur.

Université Michel de Montaigne-Bordeaux
École doctorale « Montaigne-Humanités » (ED 480)
ADESS - UMR 5185 du CNRS

Titre de la thèse : PAYSAGE, MEDIATION PAYSAGÈRE ET « BON ÉTAT ECOLOGIQUE »  DE LA HAUTE VALLÉE DE LA SÈVRE NIORTAISE. Mener une enquête historique pour fonder un projet partagé (XVIIIème - XXIème siècles)

Membres du jury : 
Pierre BALLAIRE,
Ancien directeur de l'environnement et de l'agriculture du Conseil général des Deux-Sèvres
Mayté BANZO, Professeur, Université Bordeaux Montaigne - Directrice
Serge BRIFFAUD, Professeur, Ecole nationale supérieure d’architecture et de paysage de Bordeaux – Co-directeur
Agnès BERLAND-BERTHON, Professeur, Université Bordeaux Montaigne
Alice INGOLD, Maître de conférence, EHESS
Yves MICHELIN,
Professeur, VetAgroSup - Rapporteur
Frédéric TESSON,
Professeur, Université Pau et des Pays de l’Adour – Rapporteur

 

Résumé de la thèse

Notre recherche doctorale propose, sur la base des résultats d’une expérimentation menée dans la haute vallée de la Sèvre niortaise, une contribution à la théorisation de ce que pourrait être une pratique paysagiste de la médiation environnementale par le paysage. A l’initiative de ce travail se trouve l’interrogation formulée par le Conseil Général des Deux-Sèvres quand aux modalités et aux dispositifs qui pourraient favoriser une « gestion intégrée » de la ressource hydrique et de l’aménagement des cours d’eau. Le questionnement du CG79 intervient alors que les politiques publiques en la matière se réordonnent autour d’une stratégie de « restauration écologique » comprise comme un retour à un état avant « perturbations anthropiques ».

A rebours de ces conceptions fondées sur l’image d’une nature menacée par l’homme, nous proposons d’aborder la problématique environnementale et celle des politiques associés dans leurs irréductibles hybridités socio-écologiques ainsi que dans leurs multiples échelles spatio-temporelles. Or pour penser la question environnementale et l’action en la matière comme un objet complexe, les sociétés ont besoin d’objets intermédiaires. Par ce terme, on entend tous les moyens matériels et conceptuels employés dans l’action collective pour diagnostiquer, se coordonner et agir. L’hypothèse fondatrice de notre recherche est que le paysage peut, à condition de se doter de méthodes, constituer un objet intermédiaire entre société et environnement. On considère en effet le paysage comme un reflet des relations socio-écologiques qui offre la possibilité de se représenter le complexe environnemental et de l’inscrire à la croisée des expertises et des logiques d’acteurs. Dans cette perspective, nous parlerons de médiation paysagère.

Ce paysage-reflet, toutefois, n’est pas donné d’avance. La première tâche de la médiation paysagère est de le construire et de le faire exister comme tel aux yeux de la communauté humaine concernée. Pour ce faire, la connaissance scientifique joue un rôle de premier plan. Loin d’être un obstacle à la délibération et à la concertation, elle doit au contraire activer un processus de décryptage, et d’interprétation collective. Dans cette perspective, la singularité de notre démarche est d’inscrire au cœur de la médiation une recherche historique qui en constitue la « ressource cognitive ».

Mots clefs : paysage – médiation paysagère – bon état écologique – environnement – pratique paysagiste – cours d’eau – ressource hydrique – histoire de l’environnement – Sèvre niortaise – CIFRE.