Cette 3e édition du workshop s’inscrit dans le cadre de l’appel à projets 2024 du ministère de la culture pour le soutien des actions internationales. Elle vise à renforcer la coopération pédagogique entre l’ENSAP Bordeaux et de la Belfast School of Architecture and the Built Environment (Ulster University), à travers des expériences d’enseignements hors les murs qui privilégient l’acquisition de connaissances, à partir d’une immersion dans des situations concrètes en prise directe avec les réalités matérielles et les ressources culturelles du milieu.
du 25 au 30 août 2025 (la période retenue sera précisée ultérieurement)
Workshop ouvert en priorité aux étudiants de Master 1 et 2, mais également accessible aux Licence 3 pour la formation architecture et équivalent master pour formation Paysage.
Participation active à la phase préparatoire (printemps 2025), à la session de terrain à Belfast, et à la restitution finale (mise en forme, publication, exposition ou autre format à définir).
Une aide forfaitaire de 400 € minimum sera versée par l’ENSAP Bordeaux à chaque étudiant·e sélectionné·e, avant le départ.
Sujet
Au cours des XXe et XXIe siècles, différentes populations ont vu leurs quartiers et leurs villes se transformer en théâtres de conflits civils, aux origines multiples : ethniques, religieuses, communautaires, sociales, économiques ou encore territoriales. Ces “guerres urbaines” ont durablement marqué l’espace des villes, façonnant des morphologies repliées et fragmentées. Dans plusieurs contextes, elles ont donné naissance à des formes d’urbanités de l’enfermement, ancrées dans des logiques de séparation, de défense, voire de méfiance entre populations.
Ce phénomène reste perceptible à Belfast, en Irlande du Nord, où le conflit opposant les communautés unioniste (majoritairement protestante) et nationaliste (majoritairement catholique) a profondément structuré l’espace urbain jusqu’à la signature de l’Accord du Vendredi Saint (1998). Si la dimension armée du conflit s’est estompée, de nombreux artefacts défensifs et mémoriels — peace walls, miradors, murals, interfaces urbaines — ponctuent encore la ville, inscrivant dans la matière de l’espace une histoire de divisions profondes.
Dans ce contexte post-conflit, le workshop s’ancrera dans le Markets Quarter, un quartier populaire à forte identité catholique, situé immédiatement au sud du centre-ville. Historiquement ouvrier, ce territoire fait aujourd’hui face à de profondes mutations, sous l’effet de la régénération urbaine rapide des secteurs voisins.
Le workshop propose d’explorer, par l’immersion et l’action, les conditions qui permettraient de mieux relier le Markets Quarter à son environnement urbain, sans en altérer la spécificité. À partir de situations locales repérées dans le quartier, il s’agira d’identifier des points d’appui — qu’ils soient spatiaux, sociaux ou symboliques — permettant de renforcer les liens internes et de construire des porosités avec la ville. L’attention portera tout particulièrement sur des situations porteuses
de potentiel d’évolution vers des communs urbains : espaces partagés, ressources collectives, lieux de sociabilité, initiatives locales… En lien avec les habitant·es et les acteur·rices locaux, les étudiant·es tenteront de préfigurer des dispositifs favorisant l’émergence ou la consolidation de tels communs, dans une logique inclusive et située.
Un transect urbain, parcouru collectivement, pourra servir de support à cette exploration, en permettant de mettre en relation le quartier avec d’autres territoires traversés, de comprendre ses marges et ses seuils, et de nourrir une lecture sensible de la ville.
Organisés en un unique groupe de travail, les étudiants de l’ENSAPbx s’immergeront dans le quotidien du quartier. De manière progressive et concertée avec des acteurs locaux, ils imagineront et le cas échéant animeront, des dispositifs spatiaux permettant de préfigurer une évolution future du quartier favorisant l’inclusion des habitants dans le projet, dans un esprit de porosité avec la ville et de respect de l’identité et de la culture des habitants.
Objectifs pédagogiques
TEMP 1 – S’IMMERGER ET S’ACCORDER AVEC LE MILIEU
• Développer une connaissance fine et singulière du milieu, par la mise en œuvre d’outils d’exploration territoriale tels que la marche collective ou la dérive urbaine.
• Observer les formes d’appropriation de l’espace par les habitant·es et initier des interactions, qu’elles soient informelles ou organisées, avec les acteur·rices locaux.
TEMP 2 – IDENTIFIER ET REPRÉSENTER LES DYNAMIQUES EN PRÉSENCE
• Restituer une perception sensible du quartier à travers la cartographie sensorielle, le dessin, ou d’autres formes
de représentation ancrées dans l’expérience.
• Expliciter les artefacts, les usages, les seuils ou les tensions par des figures et des schémas conceptuels.
• Traduire les représentations habitantes par des outils collaboratifs de cartographie et de mise en récit.
TEMP 3 – PROPOSER DES DISPOSITIFS D’ACTION
• Identifier, avec les partenaires locaux, des situations spatiales significatives par leur potentiel de transformation, de mise en relation ou d’évolution vers des communs urbains.
• Élaborer et mettre en oeuvre des protocoles d’action permettant de préfigurer l’évolution du quartier : aménagements légers, dispositifs spatiaux, actions performatives, supports narratifs ou audiovisuels.
• Tester ces dispositifs dans une logique d’expérimentation ouverte, favorisant l’appropriation et la discussion avec les habitant·es.
