Le dossier proposé à la discussion comprend un mémoire de synthèse (86 p.), deux recueils de travaux (413 p. et 552 p.) et un mémoire inédit (308 p.).
Intitulé « Itinérances entre idées et choses : architecture, société, politique », le mémoire de synthèse revisite le parcours de chercheur de J. Kent Fitzsimons, maître de conférences TPCAU, à travers la réorganisation thématique de sa production scientifique et péri-scientifique. Il expose d’abord la problématique par laquelle l’architecture est à la fois un outil permettant d’établir et d’entretenir un ordre social, et aussi un appui pour contester cet ordre, grâce notamment aux transgressions que la forme matérielle admet en tant que support de pratiques spatiales et d’appropriations symboliques. Le mémoire présente ensuite des recherches plus récentes qui abordent d’autres problématiques, objets et méthodes, sans perdre de vue la tension entre le pouvoir des idées et la puissance des choses théorisée dans la première partie. Outre le traitement d’enjeux relatifs à la ville et à l’écologie, l’ouverture à la question des processus de production de l’environnement bâti anticipe le cadrage plus large du mémoire inédit.
Le mémoire inédit est conçu comme une contribution à la théorie de l’architecture. Sous l’intitulé « Le politique dans l’architecture : cadres conceptuels pour la recherche et la pratique », il s’intéresse en particulier aux caractéristiques propres à l’architecture qui la mettent à la disposition de la politisation d’enjeux sociaux. Les travaux du philosophe Jacques Rancière y sont mobilisés pour considérer l’architecture comme scène où la politique peut se confronter à la police. Le mémoire présente deux cadres conceptuels pour saisir la singularité de toute démarche architecturale au regard de ce que l’architecture recèle de politique. Le premier cadre en décline les trois composantes fondamentales : l’enjeu de l’acte politique, le mode de politisation et l’efficacité politique. L’élaboration de ces composantes aborde sous un nouvel angle trois problématiques récurrentes dans la théorie de l’architecture : l’autonomie, l’utopie et le déterminisme. Le second cadre conceptuel fournit une description plus détaillée des registres sur lesquels l’architecture peut être politisée. Ces registres se partagent entre deux dimensions de l’architecture qui se complètent : le processus de production architecturale et la forme matérielle qui en résulte. En croisant ces deux dimensions et leurs registres respectifs, le mémoire propose à la recherche et à la pratique un outil pour conceptualiser ce qui peut être politisé, définir comment le faire et enfin comprendre en quoi l’architecture serait nécessaire à cette fin au regard des multiples autres facteurs en jeu.
Composition du jury
· Pierre CAYE, Directeur de recherche, École Normale Supérieure – PSL (correspondant)
· Beatrice LAMPARIELLO, Professeure d’Histoire de l’architecture, Université Catholique de Louvain (examinatrice)
· Barbara STIEGLER, Professeure de Philosophie, Université Bordeaux Montaigne (examinatrice)
· Nicolas TIXIER, Professeur de Théories et pratiques de la conception architecturale et urbaine, École Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble (rapporteur)
· Frank VERMANDEL, Maître de conférences HDR de Théories et pratiques de la conception architecturale et urbaine, École Nationale Supérieure d’Architecture et de Paysage de Lille (rapporteur)
· Jean-Louis VIOLEAU, Professeur de Sciences humaines et sociales, École Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes (examinateur)